Le footballeur qui voulait mettre le feu aux banques

On peut rêver d’être footballeur professionnel, accomplir ce rêve et finalement être rapidement dégoûté par la réalité. C’est le cas de Javi Poves, un footballeur espagnol qui a tout plaqué en 2011 par dégoût du milieu du football.

Javi Poves est né en 1986. Et avant de tout plaquer à l’âge de 24 ans, il a fait ses classes dans les équipes de jeunes de l’Atlético de Madrid. Cette période, c’est déjà le début de la fin, comme il le raconte à L’Equipe Magazine en février 2019.

« Foot matin, midi et soir, foot avec ta famille, avec tes amis… J’ai vite commencé à ressentir une pression extrême, témoigne-t-il. Je crois que j’ai arrêté de considérer ce sport comme un jeu beaucoup trop tôt. En centre de formation, on est tous des produits. Dans ce milieu, l’argent passe avant les gens. »

Il n’est alors qu’un adolescent et déjà, le football ne l’amuse plus tant que ça. Pourtant, Javi Poves va continuer sa carrière et enchaîner les petits clubs avant de rejoindre le Sporting Gijon. Titulaire avec l’équipe réserve, il fait deux apparitions avec l’équipe première avant de tout plaquer.

Le défenseur est dégoûté par un milieu malsain. Et il le revendique lors de l’annonce de sa retraite.

« Le football professionnel n’est qu’affaire d’argent et de corruption. C’est le capitalisme, et le capitalisme, c’est la mort. Il faudrait cramer les banques et couper la tête des banquiers. »

Voilà un discours des plus détonants dans un monde pas habitué à accueillir des révolutionnaires. Entouré par des coéquipiers qui ne pensent qu’à l’argent, mal à l’aise dans un monde qui ne pense que football quand lui profite de son temps libre pour visiter des expositions et lire de la poésie, Javi Poves a préféré arrêter. Tout arrêter.

Âgé de 24 ans, il s’embarque pour un tour du monde qui dure quatre ans, jusqu’en 2015. Il visite le Mexique, Cuba, l’Iran, le Sénégal, la Sibérie et bien d’autres pays.

De retour en Espagne, il rachète un bar, mais l’expérience tourne court. Il investit alors ses économies pour monter un club de foot, en 5e division espagnole. Son nom ? Mostoles Balompié. Il en devient le président et veut mettre en place un modèle différent pour les jeunes, fait de football, bien sûr, mais aussi de sorties culturelles. Mais, selon Poves, les parents, qui paient une licence, ne suivent pas.

Âgé de 30 ans, il rechausse alors les crampons. Son nouvel objectif ? Atteindre la 3e division pour toucher des droits TV et l’argent de sponsors pour monter une école de football gratuite où il pourra tout contrôler.

L’idée est donc la suivante : se servir du modèle capitalistique du football pour construire une vision différente de ce sport.

Si aucun mouvement politique ne trouve grâce à ses yeux, l’ancien footballeur professionnel se trouve être un adepte des thèses conspirationnistes. Il plonge dans de nombreuses théories du complot et va jusqu’à les promouvoir.

C’est ainsi qu’en juin 2019, il annonce que son club, le Mostoles Balompié, est renommé Plat Earth FC. Autrement dit, le « Terre Plate Football Club ».

Dans un communiqué, Javi Poves annonce être désormais à la tête du « premier club du monde qui lutte pour faire connaître la vérité sur le monde. »

Soutenu par d’autres complotistes, l’ancien footballeur révolutionnaire semble avoir abandonné son idée de changer le monde, pour finalement en inventer un autre.