Foot autrichien

Un attaquant assiste à l’accouchement de sa femme, arrive au stade à la mi-temps et marque finalement un triplé

N’est pas Lionel Messi qui veut. Tous les pensionnaires du FC Barcelone ne parviennent pas forcément à s’imposer avec l’équipe première et de nombreux joueurs doivent alors faire carrière loin du Camp Nou.

C’est un peu l’histoire de Jonathan Soriano. Formé à l’Espanyol Barcelone, le rival du Barça, il n’était qu’un attaquant anonyme avant de rejoindre les rangs des Blaugranas. Il cumulait les prêts en deuxième division sans réussir ni à convaincre, ni à percer. Jusqu’à l’appel du FC Barcelone.

En juin 2009, l’équipe réserve du Barça végète en troisième division et ne parvient pas à remonter à l’échelon supérieur, qu’elle n’a plus connu depuis 10 ans. Dix longues années. Le club décide alors de miser sur Jonathan Soriano. A 24 ans, l’attaquant espagnol doit encadrer la classe biberon composée de Thiago Alcantara, Sergi Roberto, ou encore Marc Bartra, le tout sous la houlette d’un certain Luis Enrique.

Après de bonnes performances avec l’équipe réserve et plus de 50 buts inscrits en deux saisons et demi, il quitte l’Espagne en janvier 2012 pour l’Autriche et le Red Bull Salzburg. Il en devient rapidement l’idole, puis le capitaine incontesté.

Le 20 avril 2013, son histoire va faire le tour du monde. Le club de Salzburg reçoit le Wolfsberger AC à l’occasion de la 30e journée de la Bundesliga autrichienne. Le joueur est convoqué pour ce match même si sa femme peut accoucher d’un moment à l’autre. Le couple attend son troisième enfant.

Le matin du match, tout s’accélère. Jonathan Soriano assiste à l’accouchement de sa compagne et la petite Abril nait quelques heures plus tard. Après s’être assuré de la bonne santé de sa femme et de sa petite fille, l’attaquant se rue sur sa voiture et se met en route, direction le stade de Salzburg.


Son équipe est tenue en échec 2-2 par le club de Wolfsberg. Soriano arrive peu avant la mi-temps et part s’échauffer pendant la pause. Son entraîneur, Roger Schmidt, le fait entrer dès le début de la seconde période.

Il ne faut que 4 minutes à l’Espagnol pour marquer un premier but. Puis, deux. Puis, trois. En l’espace de 45 minutes, Jonathan Soriano inscrit un triplé et permet à son équipe de s’imposer finalement 6-2.

En quelques heures, il est passé de l’immense bonheur d’une naissance à un shot d’adrénaline très puissant en marquant trois buts pour son équipe.

Après la rencontre, encore sous le coup de l’émotion, l’attaquant laisse éclater sa joie : « C’est un jour incroyable pour moi, je pense que je ne l’oublierai jamais. »

En l’espace de quatre ans en Autriche, Soriano dispute 124 matches et inscrit 108 buts. Il réalise à quatre reprises le doublé coupe-championnat avant de céder aux sirènes chinoises avec un méga-contrat à la clé, en janvier 2017.

Deux ans plus tard, il rejoint Al-Hilal en Arabie Saoudite, loin des projecteurs du football européen. Si l’adrénaline n’est plus aussi forte, il pourra rétorquer sans problème que ce 20 avril 2013 lui a offert un condensé d’émotions uniques, valable pour toute la vie.